PAPON ET LES LEGIONS DU (DES)HONNEUR


legion_honneur.jpg

Comme Pinochet, comme Franco, comme beaucoup de salauds, Papon est mort dans son lit, libre.
Mais, lui n’était pas un putchiste. Bien au contraire, ce haut fonctionnaire qui fut tour à tour: secrétaire général de Préfecture, Préfet, Député, trésorier national de l’UDR (l’ancêtre de l’UMP), et Ministre du budget a été un serviteur zélé de tous les régimes de Pétain à Giscard qu’il a servis avec constance mais toujours dans la même direction – dégueulasse.

Papon – qui avait signé de sa main l’ordre de déportation de 1560 juifs bordelais alors qu’il était Secrétaire général de la Préfecture de la Gironde – a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur, en 1948 quand il était Préfet de Constantine .
Nommé Secrétaire général du Protectorat du Maroc, il contribuera à la répression des nationalistes, puis retournera à Constantine en 1956 en pleine guerre d’Algérie.
En avril 1958, Papon est nommé Préfet de Police de Paris, poste d’où il participera aux réunions secrètes qui préparèrent le retour du Général de Gaulle. Ce comportement lui vaudra d’être élevé au rang de Commandeur de la Légion d’Honneur.

C’est alors qu’il est Préfet de police de Paris que le 17 octobre 1961 les forces de police placées sous son autorité répriment à Paris avec une violence extrême une manifestation pacifique des Algériens revendiquant l’indépendance de leur pays. La répression de cette manifestation fera des centaines de victimes. On retrouvera dans la Seine des dizaines de corps.

octobre1961.jpg

C’est encore Papon le responsable de la répression de la manifestation de Charonne du 8 février 1962 contre les attentats de l’OAS au cours de laquelle neuf manifestants – dont huit militants communistes et cégétistes – sont tués.
Papon sera ensuite président de Sud Aviation, puis député du Cher, et enfin Ministre du budget (1978 – 1981) des gouvernements de R. Barre. Parvenu à cette fonction, il déclenchera un contrôle fiscal contre le « Canard Enchaîné » qui ripostera en révélant son rôle dans la collaboration.
Le commencement d’une longue fin avec un procès retentissant, un emprisonnement et une libération « humanitaire ».

De la collaboration au massacre des Algériens (pour lequel il n’aura jamais été jugé), Papon aura su faire preuve d’une remarquable constance. Sans le moindre regret.

Papon, un salaud? Autant que l’Etat et ceux qui l’ont employé (et qui savaient), titulaires ou non d’une « Légion d’Honneur » dont le rouge devrait empourprer leur face.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :