VICENZA, LA MADDALENA: UN DANGER POUR TOUS


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Plusieurs dizaines de milliers d’Italiens – 150.000 – ont manifesté à Vicenza (Vénétie) contre l’extension de la base américaine qui ferait de la population de la région, selon les mots du Prix Nobel de Littérature, Dario Fo, une « cible en cas de conflit« . Hier, les bases américaines en Italie avaient pour fonction de « défendre le pays d’une attaque de l’Union Soviétique« . Aujourd’hui, elles servent de tremplin pour des projets guerriers au Proche Orient.
Entraînés par Berlusconi dans l’invasion et l’occupation de l’Irak, les Italiens ont constaté ce que cette aventure a coûté en hommes et en argent à leur pays. Avec l’enlèvement de la journaliste Giuliana Sgréna et l’assassinat « involontaire » de M. Calipari par les Marines, chacun a pu mesurer le mépris et l’arrogance avec lesquels les Etats Unis considèrent leurs alliés.
Mais Vicenza n’est pas la seule base.

En Méditerranée, dans le détroit de Bonifacio, en Sardaigne
– à quelques encablures de la Corse – existe une autre base militaire: à la Maddalena. Celle-là – construite en 1972 et aggrandie dans le cadre d’un accord secret avec le gouvernement italien, sans que le Parlement n’en ait jamais été saisi – abrite des sous marins nucléaires US et 2.500 de leurs ressortissants.
Aucune étude d’impact environnemental n’a jamais été effectuée. Mais en 2003, un de ces sous marins nucléaires, le « Hartford » a eu un accident grave. Les dégâts se sont élevés à 9 millions de $.
Les Sardes n’ont appris cet accident qu’incidemment, plusieurs mois après.
A partir de là, en Sardaigne comme en Corse, forces politiques – communistes, écologistes et autonomistes -, associations « Per a Pace », « Amapola » et Festival Transméditerranée ont développé des initiatives qui ont abouti le 26 mars 2006 à l’annonce faite par l’ambassadeur US en Italie au président de la région Sarde – M. Renato Soru – du démantèlement de la base nucléaire de la Maddalena avant juillet 2008.
Mais les Américains ne semblent plus vouloir tenir le calendrier. En effet, la Turquie pressentie pour « accueillir » le transfert de la base, inquiète des risques radioactifs, renacle maintenant à son tour…Les sous marins nucléaires US risquent de fréquenter encore longtemps les détroit de Bonifacio si Français et Italiens ne haussent pas le ton pour imposer leur départ.

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Article paru dans l’Humanité, le 23 novembre 2005:

Des missiles nucléaires en Sardaigne

Il existe, entre la Corse et la Sardaigne, l’un des sites les plus beaux de Méditerranée qui abrite, entre plateaux, falaises calcaires et îlots granitiques, de nombreuses espèces endémiques protégées. Une richesse environnementale exceptionnelle qui est à l’origine du seul parc marin international de Méditerranée constitué, du côté français, par la réserve naturelle des bouches de Bonifacio et, du côté italien, par le parc national de l’archipel de la Maddalena.C’est là que, le 25 octobre 2003, le sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire Hartford, victime d’un accident, s’échouait. Il provenait de la base américaine de l’île San Stefano construite à partir d’un « droit de mouillage » concédé en 1972, dans le cadre de la lutte contre l’Union soviétique, par Georgio Andreotti, sans accord du Parlement italien ni de l’Assemblée régionale sarde.

Depuis, ce « Guantanamo atomique » au coeur du dispositif américain en Méditerranée, situé à une dizaine de kilomètres des côtes de la Corse, s’est dangereusement développé.

Le 24 juin 2003, l’US Navy envoyait une lettre au maire de la Maddalena, où elle faisait connaître ses exigences en vue de l’extension de la base et réclamait même un droit de regard sur le POS de la ville.

Aujourd’hui, ce qui était présenté comme une simple « restructuration » se traduit par une base de 85 000 mètres carrés, des sous-marins passant de trois à huit et les marines de 5 000 à 8 000, et des dizaines de missiles nucléaires transportés et stockés, avec chacun une puissance égale à 10 bombes de type Hiroshima.

La population, la municipalité de la Maddalena, la région sarde s’en sont émues et exigent maintenant le démantèlement de cette base.

En France, les « grands médias », d’ordinaire si prompts à sensationnaliser les réalités corses, restent silencieux comme s’il n’y avait pas là une menace pour une région de France comme pour toute la Méditerranée. Rappelant en cette année du 60e anniversaire des bombardements de Hiroshima et Nagasaki que « la Corse, comme toute la Méditerranée, est très directement concernée par la menace nucléaire », trois associations – Per a Pace, Amapola et le festival TransMéditerranée – se sont adressées aux maires et aux élus pour que soient votées des motions demandant le démantèlement total de la base de la Maddalena. Cette exigence citoyenne, pacifiste, environnementale et internationaliste doit grandir et contribuer ainsi à la réappropriation démocratique de l’ordre du monde.

Paul Euzière

   

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