A GRASSE ET AILLEURS, QUEL HOMMAGE A GUY MOQUET?


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Le 22 octobre 1941 au matin, dans la carrière de la Sablière à Châteaubriant, les ordres fusent, les fusils claquent, vingt sept corps d’otages -désignés aux occupants nazis par Pierre Pucheu, ministre du maréchal Pétain- s’effondrent sous les balles d’un peloton d’exécution allemand.

Le choix de Pucheu et du gouvernement de collaboration avec l’Allemagne nazie dont il était membre était guidé par un critère simple: les communistes, les syndicalistes qui résistaient à l’oppression nazie et qui avaient le tort de dire non au régime vichyste devaient mourir.

« Les 27 de Châteaubriant » étaient des hommes jeunes ou des pères de familles, des ouvriers ou des intellectuels, de simples militants ou des dirigeants importants.
Tous ont laissé des lettres bouleversantes d’humanité et de fidélité à leur engagement.
Tous ont fait face à la mort avec un courage inouï.
Jean-Pierre Timbaud, secrétaire du syndicat CGT ds Métallurgistes de la région parisienne trouvant même la force de s’écrier face aux balles: « Vive le Parti Communiste Allemand! ».

Parmi « les 27 », le plus jeune était Guy Môquet.
Il avait 17 ans et était le fils du député communiste Prosper Môquet qui avait été arrêté et déporté au bagne de Maison Carrée en Algérie.
Son père emprisonné, Guy Môquet avait repris le flambeau, organisé les Jeunesses Communistes de son arrondissement parisien, tagué les murs avec des slogans pour la liberté, distribué des tracts.
Arrêté le 13 octobre 1940, il est fusillé le 22 octobre 1941.
On lui cassera les jambes pour le faire entrer dans un cercueil fabriqué à la hâte.
« Communiste, pas français! » criait le SS chargé de clouer les planches.

Décréter que désormais la dernière lettre de Guy Môquet sera lue dans tous les lycées de France -comme l’a décidé N. Sarkozy- sans rappeler qui il était et quels ont été les raisons et le contexte de l’exécution des « 27 de Châteaubriant » relève d’un détournement mystificateur de l’histoire et de la captation d’héritage.

Pendant des années, M. Sarkozy a été maire de Neuilly.
A aucun moment, il n’a manifesté l’intention de rendre hommage à Guy Môquet en attribuant son nom à une voie ou à une place publique.
La remarque vaut pour M. Leleux qui a décidé d’aller au Lycée Amiral de Grasse lire lui-même cette lettre aux lycéens.

S’il tient à rendre réellement hommage à Guy Môquet et à ces valeurs de la Résistance qui sont plus que jamais d’actualité dans la France et le monde d’aujourd’hui, qu’il laisse la parole aux associations de Résistants et de Déportés, et aux professeurs d’histoire.
C’est leur fonction.
Quant à lui, en tant que maire, qu’il propose de baptiser du nom de Guy Môquet une artère ou une école grassoise. Il aura tout notre soutien!

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One Response to A GRASSE ET AILLEURS, QUEL HOMMAGE A GUY MOQUET?

  1. Jacqueline dit :

    DE QUEL DROIT?

    Magnifique et indispensable rappel historique face à l’appropriation abjecte, démagogique et cynique par le pouvoir actuel de la lettre d’adieu de Guy Môquet avant d’être fusillé.
    Les 27 de Châteaubriant étaient tous COMMUNISTES et aucun était de Neuilly-sur-Seine.

    HONNEUR A EUX!

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