LE CONTINENT FRATERNEL D’ABDELLATIF LAABI


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C’est grâce à Robert Condamin et Jacqueline Scalabrini de l’Atelier Théâtre du « Septentrion », dont on ne dira jamais assez toute la discrète efficacité – avec si peu de moyens- pour faire partager l’amour du théâtre aux jeunes des quartiers populaires, que j’ai découvert Abdellatif Laâbi.

C’était en 1986.
Dans ce qui était alors la MJC Magnan (Jacques Médecin n’avait pas encore liquidé ce lieu indépendant d’éducation populaire en « espace »), Robert et Jacqueline avaient mis en scène « l’Histoire des sept crucifiés de l’espoir« . Un texte terrible et bouleversant sur l’agonie de sept jeunes prisonniers politiques marocains, hommes et femmes membres du mouvement « Ilal Amam ».
Ce fut un des premiers spectacles que le tout jeune Festival Transméditerranée proposa l’année suivante aux Grassois, à la MJC Altitude 500: la poésie, la résistance et la voix fraternelle d’un poète continent.
Entre temps, j’avais dévoré le long livre interview d’Abdellatif réalisé par Jacques Alessandra « La brûlure des interrogations« , paru à l’Harmattan et malheureusement épuisé aujourd’hui.

Et puis, nous avons eu le bonheur de recevoir Abdellatif lors de différentes manifestations du FTM, de découvrir l’homme et ses écrits.
Je garde une tendresse particulière pour les lettres que le camarade d’Abraham Serfaty écrivit à son épouse Jocelyne et à ses filles durant ses huit longues années d’emprisonnement: « Chroniques de la citadelle d’exil » (publié en 1983 chez Denoël).

Depuis, Abdellatif -qui est un des poètes majeurs d’aujourd’hui et qui sait faire parler l’universel à travers chaque atome de sa marocanité- a produit maints recueils de poésies, tous plus touchants les uns que les autres.
Quel bonheur de les voir si fréquemment illustrés par mon ami le peintre et écrivain Mahi Binebine.

Il faut le découvrir sur son site, sur celui de la revue incandescente « Souffles », à Grasse, ce jeudi 20 mars, à 19h à la Chapelle St Michel. Ce sera un moment exceptionnel, rare de fraternité et aussi de lucidité. A ne pas manquer.

En guise d’ouverture, ces quelques vers dédiés à Abraham Serfaty et à Nelson Mandela:
« Vivre, la belle affaire
encore faut-il que ça serve à quelque chose
(…)
Sans oublier ceci:
les hommes naissent esclaves et inégaux
toute la question est qu’il ne le demeurent pas…
 »

Merci frère poète pour tous ces déchirements qui nous parlent d’espoir.

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One Response to LE CONTINENT FRATERNEL D’ABDELLATIF LAABI

  1. Michel dit :

    j’ai lu par hasard le journal ; je t’adresse, Paul toute mon estime.

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