GAZA, MY LAI, VARSOVIE: L’ASSASSIN ET LE JOURNALISTE.


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Depuis la guerre du Vietnam et les horreurs perpétrées par l’armée américaine que révélèrent au monde notamment les photos du Mỹ Lai, le 16 mars 1968 (500 civils exécutés : mitraillages d’enfants de 5 ans et groupes de vieillards tués à la grenade) et celle du reporter Nick Ut montrant une fillette de 9 ans -Kim Phuc- fuyant nue son village bombardé au napalm,  les très «civilisés» gouvernements «démocratiques» du «monde libre» redoutent la présence de journalistes lorsqu’ils commettent leurs crimes.

Lors de l’invasion de l’Irak (exemple même d’une guerre qu’elle voulait présenter comme « propre ») la sodaltesque étatsunienne a tenté d’embrigader tous les journalistes dans ses troupes, au nom de leur « sécurité ». Ainsi, on n’aurait ni image, ni son venant de l’autre côté : des irakiens victimes de l’agression de la première puissance mondiale.

Le gouvernement israélien a fait mieux : il interdit aux journalistes de se rendre à Gaza. Pour leur « sécurité », évidemment…
Erreur ! Il « autorise » une dizaine ( !) de journalistes triés sur le volet à suivre ses troupes. Pas plus et pas au-delà.

Une caricature de droit à l’information qui devrait révulser nos grands donneurs de leçons hexagonaux en matière de « Droits de l’Homme » et de « liberté » et faire bondir tous les dirigeants français et européens.
Il n’en est rien.

Les journalistes français et autres sont donc condamnés à rester à quelques kilomètres de la frontière, à regarder voler les bombardiers et les drones, à interviewer les Israéliens du secteur et à se faire l’écho des pensées très instructives des militaires israéliens, par exemple celle-ci du général D. Almog (« le monde » 08/01/09) : « Pour mener une bonne guerre, il faut garder les journalistes à l’écart ».
C’est vrai que c’est plus simple. Là, on peut tirer en silence. C’est, sans doute, ce que pensent en haut lieu les autorités israéliennes. Ce que devaient penser aussi les nazis lorsqu’ils voulurent liquider le ghetto de Varsovie en avril 1943.

Pas de journalistes, pas d’images non contrôlées, pas de témoins.
C’est tellement plus simple !

Pourtant, tôt ou tard, les preuves ressurgissent des décombres exigeant que les assassins et leurs complices -ceux qui savaient mais se sont tus- s’expliquent devant le Tribunal de l’Histoire.

Alors il faudra rendre des comptes.

Rendre des comptes sur l’École de l’UNRWA bombardée,
Rendre des comptes sur les onze mosquées détruites,
Rendre des comptes sur le chauffeur de convoi humanitaire de l’ONU tué,
Rendre des comptes sur la mort de centaines de civils désarmés dont un tiers d’enfants…

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2 Responses to GAZA, MY LAI, VARSOVIE: L’ASSASSIN ET LE JOURNALISTE.

  1. pons dit :

    Merci de vos billets, paisibles ,qui constatent cette situation….préméditée

    Sur le site de « GlobalVoices.org », en français on trouve des témoignages dignes de confiance et non partisans , je pense, à partir de blogs concernant Gaza.

    Le seul infime espoir de ce black out israëlien sur l’info, serait une majoration des infos catastrofiques underground gérées par le Hamas
    Hélas, non, des ONG en passant par ces blogs, et jusqu’au « désaroi » onusien, la vérité est bien là:
    Une population sans défense paye le prix.
    Que la rue, en Occident pèse! souhaitons le, et que cette levée s’éloigne de toute connotation religieuse, antisémite ou islamophobe!

  2. Gib dit :

    Dans l’Huma de mercredi, en première page une photo pariculièrement parlante de l’horreur de Gaza.
    En même temps, un débat est lancé sur l’impact véritable des photos de presse sur l’opinion publique : effet mobilisateur ou anesthésiant ?

    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1527

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