FRANCE: L’IDENTITE DES « INDESIRABLES ».


Monument aux troupes marocaines - Corse, Col de Teghime.

J.P. Leleux m’a sollicité en tant qu’élu pour participer à une rencontre organisée par le Sous-préfet de Grasse sur le débat empoisonné de « l’identité nationale ».
Communautarisme et identitarisme sont des notions contradictoires avec les valeurs fondamentales de la République et de la citoyenneté. D’où cette lettre:

Monsieur le Sénateur-maire,

Je vous remercie de votre invitation à participer à la rencontre sur « l’identité nationale » qui se tiendra en sous-préfecture de Grasse, ce 11 décembre.

L’initiative nationale lancée par MM Besson et Sarkozy me révulse.
Depuis ma naissance, j’ai toujours vu Grasse accueillir des familles de travailleurs étrangers : Italiens, Espagnols, Algériens, Tunisiens, Marocains, Cap-Verdiens qui, en deux générations, sont devenus des Grassois qui s’identifient pleinement à notre ville et à notre pays dans la mesure où la République, l’Etat et les citoyens créent les conditions de leur pleine intégration.

Cela n’est jamais allé sans difficultés.

Ma grand-mère, longtemps directrice de l’école de Magagnosc, me racontait comment à la fin des années 40, elle avait dû séparer des élèves qui s’étaient battus parce que l’un d’origine calabraise refusait à l’autre d’origine piémontaise la qualité de Français.

Un demi siècle plus tard, directeur d’école à la Blaquière, je n’ai jamais été confronté à de telles situations. Quelles que soient leurs origines, les enfants « d’immigrés » que j’ai eus en classe, depuis 30 ans, partagent complètement le devenir de notre ville et d’un pays qu’ils ressentent comme le leur sauf quand ils sont marginalisés socialement ou stigmatisés pour leur couleur ou leur religion.
Ce qui est trop souvent le cas de nos jeunes concitoyens d’origine musulmane dont on ne peut exiger des devoirs si l’on n’accorde pas, dans les faits, les mêmes droits qu’aux autres citoyens.

Ces dernières années, en tant que président du Festival TransMéditerranée, je me suis penché sur certaines pages de l’histoire de France, sur l’apport essentiel des troupes « indigènes »: Tabors Marocains, Tirailleurs Algériens et Tunisiens à la libération de notre pays.
Comment ont été traités ces libérateurs ?
Comment traite-t-on leurs enfants et petits-enfants ?
Comment a-t-on traité les Républicains Espagnols qui cherchaient refuge en France en 1939 et dont 260 000, hommes, femmes, enfants ont été internés en France, dans des camps de concentration, avant d’être livrés par milliers aux nazis ?

Malgré le comportement déshonorant des autorités françaises, la masse de ces Espagnols républicains se sont engagés dans la Résistance et en sont souvent devenus des héros.
A Grasse même, le monument de la Résistance porte le nom de J. Outcharov « Marcel », Résistant bulgare tué à Château Folie, responsable, comme M. Manouchian, des FTP-MOI, un représentant de cette « racaille » étrangère, de cette « armée du crime » disaient les nazis.
Tous ces « étrangers » dont ne parlent pas les livres de l’histoire officielle ont été reçus en France et traités comme des « indésirables ».
A ce moment là, comme à tous les grands moments de notre histoire, personne ne les interrogeait ou ne s’interrogeait sur « l’identité nationale ».

Tous étaient nos frères pourtant et participaient au meilleur de la France.
Une France qui  ne rayonne jamais autant que lorsqu’elle montre aux peuples du monde qu’elle fait vivre les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité.

Pour toutes ces raisons, je ne participerai pas à un débat politicien étriqué et électoraliste, meurtrier pour la République, sur « l’identité nationale ».

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22 Responses to FRANCE: L’IDENTITE DES « INDESIRABLES ».

  1. P. Bihet dit :

    l’Histoire est une comédie que beaucoup déguisent à leur gré,au détriment des valeurs de coeur, d’amour, nous mourrons d’indifférence,du non respect de l’autre.

  2. Michel Colette dit :

    BRAVO!

    Un débat qui mènerait à rien et qui d’ailleurs est rejeté pas mal de députés et sénateurs…. On marche sur la tête dans cette Francinette… Etre dans l’opposition est parfois très confortable .

  3. Gib dit :

    D’accord sur l’analyse mais je ne partage pas l’idée de ne pas participer au débat. On ne peut pas prôner l’ouverture (aux peuples, à la différence…)et en même temps pratiquer le repli sur soi.

  4. Mahi Binebine dit :

    Très touché par ce texte qui vient du coeur;
    le bon côté du coeur de cette France que nous aimons envers et contre tout. Ce faux débat mourra avec ceux qui, dépourvus de mémoire, le hissent comme un épouvantail.
    Amitié.
    Mahi Binebine

  5. Ahmed Bouchaala dit :

    Heureusement qu’existe en France des gens comme Paul Euzière. Ils sont l’honneur de ce pays. Ils me font moins regretter d’avoir jeté aux orties la nationalité algérienne pour la nationalité française, d’avoir abandonné l’islam pour un athéisme de bon aloi et malgré cela de continuer à croiser chaque jour des français qui me font sentir que je ne suis qu’un citoyen français de seconde zone.
    Quels que soient les efforts faits par les immigrés de culture musulmane pour s’intégrer à la société française, ce n’est jamais assez pour certains: nous restons toujours des musulmans, une cinquième colonne, une menace. Je comprends parfois ces musulmans qui se replient dans le communautarisme et le sectarisme.
    Merci Paul, pour ce texte qui me conforte dans mon choix d’être devenu français.

    Ahmed Bouchaala

  6. René Naba dit :

    le débat est cyclique, comme une fuite en avant, comme pour détourner l’attention sur les graves problèmes structurels de la France, le déficit abyssal de ses finances publiques, la faillite et l’impunité de ses élites, la docilité de sa presse, l’inconsistance du débat public inter partisan. Comme pour occulter l’essentiel, la dette d’honneur de la France à l’égard de ses immigrés, tant pour la défense de son indépendance, à deux reprises en un siècle, durant les deux guerres mondiales, que pour leur contribution au rayonnement de la France à travers le Monde

    Cela commence à bien faire. Lire la lettre de Guy Mocquet aura valeur pédagogique et thérapeutique si cet exercice s’était accompagné de la dénonciation des ses bourreaux, en l’occurrence la police française, qui l’a dénoncé et livré aux allemands, la police, c’est à dire, le socle du pouvoir sécuritaire de l’actuel président de la République.

    Cela aurait été perçu comme un acte de courage et de responsabilité. Tel qu’il s’est déroulé, il est apparu comme un exercice de récupération démagogique.

    les suppliciés de l’affiche rouge, tous des étrangers de naissance, étaient bien plus patriotes que les franchouillards revanchards.

    L’oeuvre salutaire qu’il importe de procéder est une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française » pour refonder l’identité nationle sur une base du respect mutuel et non surla base de la stigmatisation permanente d’autrui.

    « Les moutons que l’on égorge dans les baignoires » demeurera une tache indéléblile du discours politique français. A n’y prendre garde, ellel ouvrirait la voie à des dérives fascisantes du comportement poliique français.

    L’identité fraçaise etait vichyste sous Pétain et beaucoup de Fraçais se reconnaissaient dans une telle identité.
    La notion apparait donc comme toute relative. Pour sa pérennité, l’identité nationale doit se fonder sur des valeurs universels,immuables et non variables en fonction des considérations electoralistes.

    René Naba
    animateur du blog renenaba.com

  7. jean carol euziere dit :

    Bravo Paul ,
    Ta réflexion est très intéressante .
    Les bourgeois capitalistes sont à l’origine des « communautarismes ».
    Ils entretiennent et créent des peurs auxquelles peu
    d’entre nous échappent .
    Camarades citoyens entrons en Résistance .
    Vive la fraternité des peuples .
    La révolution ou la mort .

    Carol

  8. René Naba dit :

    Pour aller plus loin sur cette question

    cf
    L’Europe face au fait migratoire

    http://www.renenaba.com/?p=376

  9. colette michel dit :

    Toi Carol ??
    Finalement, il est là le débat…IL a fallu que ce soit CANTONA.. Cantonna…. qui dise quelque chose de bien sur le sujet : l’identité nationale : la lettre de G. Môquet, la Marseillaise…. bah.. la France, c’est la révolution.
    Quel régime se met en place ? A part une souveraineté, souveraineté de l’Europe et toujours pareil : le gateau pour quelques uns et les miettes pour tous ; on nous fait croire à des débats ….
    Le problème est avant tout économique ; s’il y avait du boulot pour tous (car il n’y a pas de boulot décent pour tous) et si on avait tous de l’argent pour vivre tous décemment, on serait tous intégré sans intégrisme ou communautarisme. Mais voilà on répète les mêmes schémas quels que soient les régimes , l’homme d’en haut et d’en bas est bien un loup. Alors c’est l’étranger qui morfle, surtout s’il est un peu gris ou noiraud (on n’est pas trop embêté par les jaunes mais ça va venir…); on s’est très mal organisé pour vivre ici-bas…. tant pis pour nous!

  10. Maxa dit :

    A peu près d’accord avec les précédents commentaires, en particulier avec Bouchaala ou Naba. Ce débat, lancé par un vendu probablement sur l’ordre de son maître, mérite qu’on s’en mêle seulement pour dire qu’il constitue une manoeuvre politique de plus, à quelques semaines des régionales, pour rallier les fanatiques de l’extrême-droite et la partie islamophobe de l’opinion qui trouvent que le gouvernement n’en fait pas assez contre les « immigrés ».

  11. Fathia B. dit :

    En ce qui me concerne, j’avoue ne pas très sensible à ce débat car ce serait lui donner l’importance qu’il n’a pas.
    En France, être de nationalité française n’a jamais suffit pour être accepté par la société (et non pas « intégré » comme on l’entend à longueur de journée .. il est totalement obsoléte de parler encore d’intégration après 3 générations, voir plus sur le sol français).
    L’histoire nous a appris que tous les peuples se sont croisés et mélangés un jour; aujourd’hui les mariages mixtes fusent … donc qui est véritablement français aujourd’hui ???
    Sans jouer la victimisation, car celle-ci ne sert à personne si ce à ceux qui préférent parquer les gens « de seconde catégorie et non méritants à leurs yeux » … il est un fait certain que nous sommes encore bien trop souvent rejettés ou non acceptés.
    Nous sommes tous allés à la même école (du moins certains ont essayé), nous avons tous reçu une culture française, nos vies et nos pensées sont françaises, que nous soyons ou pas de confession musulmane cela ne change rien; d’ailleurs à quoi bon toujours parler d’islam ?
    Je suis française (de confession musulmane .. et je trouve idiot de devoir le préciser d’ailleurs) et lorsque je serre la main d’une personne je ne m’inquiéte pas de savoir si celle-ci est athée, pratiquante, catho ou autre … seule ses valeurs comptent à mes yeux.
    Alors pourquoi toujours et encore parler d’islam lorque l’on parle de personnes françaises ayant des origines maghrebines.
    Ce débat va tourner autour de l’islam et des peurs des uns et des autres face à une religion qui a mauvaise réputation EN FRANCE.
    Le gouvernement met en place un faux débat, et comme les précédents gouvernements, il est incapable d’apporter les Vraies solutions.
    Au lieu de se poser cette question sur l’identité nationale, il devrait se poser les Vraies questions.
    Pourquoi tant de personnes se sentent-elles mises à l’écart de l’essentiel ?
    Pourquoi la réussite scolaire et réussite sociale ne sont-elles pas accessibles à tous ? alors que cela devrait être un droit !
    Pourquoi le droit au logement ne s’applique-t-il pas ?
    La France, « terre d »égalité », passe à côté de personnes extremement compétentes, qui pourraient apporter me semble-t-il, energies, combativités et envies d’avancer … ce n’est pas du luxe dans cette conjoncture de crise économique .. mais on préfère faire le dos rond et on ne se préoccupe pas d’apporter Les solutions aux vraies malaises de notre société.
    On ne fait qu’atiser la peur des uns contre les autres, car c’est bien connu, c’est toujours l’autre, celui qui est différent de moi, qui est mauvais, pas moi …

  12. KLAI Walid dit :

    Ouè,ouè,ouè, que dire de tout ça?
    Peut-être que finalement l’histoire se répéte pour nous renvoyer chacun à nos propores réalités. J’aime beaucoup cette citation du docteur HEBRI BOUSSEROUEL « Une nation, qui ne s’évertue pas à apprendre son Histoire, ne conçoit ni le présent, ni ne peut édifier son lendemain« .( combien connaissent l’histoire?) Le mariage entre nations, religions et cultures différentes est possible à condition que chacun respecte les mêmes droits et libertés pour tous(quand bien même ils n’auraient ni religion, ni nationalité, ni gueule convenable pour le citoyen modèle).
    Ce jour là, peut être que l’on nommera le ministre de la culture (et non celui de l’immigration car nous aurons enfin accepté le nouveau visage de la France ) pour enrichir les pages de l’histoire de notre république, de toutes les richesses et de toutes les diversités qui composent notre pays. En attendant, vivent les Arabes et pour reprendre cette belle citation de Henry de MONTHERLANT : » Vive qui m’abandonne! Il me rend à moi-même« .
    Je continue à méditer sur ma cause de là où je suis et d’où je viens et avec vous tous. j’éspère trouver un jour où je vais  » citation de KLAI Walid, en attendant a salem à vous tous et merci, Paul.

  13. Le texte de Paul Euzière est de qualité, comme la pensée qui l’anime. Je n’en suis pas étonné et l’on ne peut qu’être d’accord avec ce qui est écrit.
    Quant au débat sur « l’identité nationale », je me contenterai de faire deux remarques :
    1)lancer ce débat dans une période pré-électorale le condamne inévitablement à manquer de sérénité et d’objectivité. C’est bien ce que l’on observe.
    2)en outre, il convient de dissocier l’identité nationale qui se nourrit des valeurs républicaines issues du siècle des lumières et de la Révolution, auxquelles s’est ajouté le principe fondamental de la laïcité, du problème de l’immigration, chiffon rouge que l’on agite pour fausser complètement le débat.

  14. Saâd Benkirane dit :

    De l’autre côté de la Méditerranée, le regard de ceux et celles qui portent la multicuturalité et un vécu plus ou moins intense au contact de la société française est plus marqué par la désolation à l’égard d’une société dont l’une des principales forces d’attrait réside dans sa diversité et sa capacité à en faire un miroir de ce que peuvent devenir les sociétés épanouies de demain tant sur les plans politique,social, culturel et, surtout, économique.

    Porter un regard inquisiteur sur ceux et celles qui ont contribué et contribuent à la France d’aujourd’hui, n’est ce pas porter le même regard sur les fondements de son identité propre, laquelle identité -si l’on se prête à l’exercice de l’explorer à travers l’histoire – fait peu de place à « l’identité de référence ou souche » tellement les brassages (les tenants de la pureté devraient revenir aux cours de biologie de base) pour autoriser de droit les différentes composantes de la société actuelle à revendiquer la diversité actuelle comme l’avenir de la France.

    N’est ce pas aller à contre courant de l’histoire, de la géographie, de la géopolitique et l’avenir commun que de se positionner dans des référentiels en déphasage avec les intérêts stratégiques de la France qui aura tant besoin de renforcer ses liens et sa coopération intelligente avec les élites démocratiques et non corrompues des pays avec lesquelles Sarkozy fait le commercial de bas de gamme.

    Désolé pour le ton, c’est pour te dire, cher ami, combien ton initiative est salutaire pour nos avenirs communs et pour élargir les cercles de solidarité et de communication par delà les frontières physiques et les aires culturelles, car nous sommes des citoyens du monde et humains avant tout.

  15. Max A. dit :

    Comme on pouvait s’y attendre, le débat débile sur « l’identité nationale » n’a pas tardé à virer vers son véritable objectif : une opération de propagande anti-musulmane visant à récupérer les voix des nostalgiques de la colonisation, celle des apprentis fascistes de l’extrême-droite, et celle des citoyens anesthésiés par la propagande que diffusent les médias aux ordres. La dernière trouvaille est une éventuelle loi sur la burqa, défendue entre autres par le dirigeant UMP François Copé bizarrement accouplé au député communiste André Gérin (le parti communiste doit se démarquer complètement de ce personnage, qu’il soit vendu ou simplement stupide). La burqa ne concerne qu’une infime partie des femmes qu’on persiste à appeler des « immigrées » ; mais elle donne l’occasion aux islamophobes de se déchaîner ; et une loi à ce sujet marquerait une grave violation des libertés individuelles en permettant aux pouvoirs publics d’interdire aux citoyens de porter les vêtements de leur choix. Si je suis choqué par la vue de la minijupe, dois-je demander qu’une loi l’interdise ? On répond à cela que les femmes « françaises » (comme si les prétendues « immigrées » étaient étrangères) ont la liberté de s’habiller comme il leur plaît : ce qui veut dire que les autres ne l’ont pas, et que la burqa leur est imposée, par les méchants musulmans. Pourtant, les femmes battues dont on nous a fait il y a peu de temps un tableau effrayant étaient très souvent des femmes « françaises »…
    Je le répète : on se moque de nous, on nous prend pour des imbéciles, en essayant de détourner notre attention des problèmes d’intérêt général, chômage, pouvoir d’achat etc. : donc, ne nous laissons pas abrutir par les porte-parole de la haute finance et des multinationales qui sont nos vrais adversaires.

  16. michel colette dit :

    salut max de retour

    j’ai reconnu ta voie… en total accord avec toi sur le fond et sur la forme …

  17. colette michel dit :

    Mais encore….. on déploie la burqa comme le chiffon rouge… qui est le symbole pour les non musulmans de l’aliénation de la femme déjà aliénée pour les non croyants par la religion musulmane. Je me méfie personnellement des bonnes intentions de certains hommes qui prônent la liberté de la femme. La burqa pour la majorité de celles qui la porte n’est qu’une contestation (à l’envers) et n’est qu’un effet de mode et je pense que beaucoup de coquines se cachent sous la burqa….C’est une façon (très névrotique) de s’opposer contre tous les hommes surtout les non musulmans. Moi, je suis laïque et impie pour tous les religieux de tous poils et je le déclare : il n’est pas né celui qui voudrait me faire porter la burqa car elle n’est pas libre celle qui la porte et là où je m’opposerais à toi, cher Max, c’est que tu assimiles la burqa à un vêtement, alors que c’est une prison volontaire et momantanée mais une prison quand même… avec des barreaux à la place des yeux mais peut-être qu’à l’intérieur les femmes y sont plus tranquilles….car on est bien conditionné par son milieu et culture et là où est la liberté…. Ce qui est étonnant c’est qu’on les voit avec des burqa avec des enfants habillés en civil…

  18. Henri ROSSI dit :

    Superbe lettre. Tu pouvais même ajouter, et tu dois bien sûr le savoir, que le fer de lance de la 2ème DB qui a libéré Paris était constitué de ces républicains espagnols traités comme des chiens d’étrangers par l’Etat français et même antérieurement par la 3è République “décadente”.

  19. Jacques Alessandra dit :

    Ton texte me touche beaucoup, Paul, et fait écho en moi.
    Je suis de ceux qui considèrent le débat sur l’identité nationale comme une fumée de plus pour masquer les vrais problèmes. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que l’idée provienne d’un transfuge qui se pose beaucoup de questions sur sa propre identité après sa fuite du PS.
    Pour moi qui suis d’origine sicilienne, né Français en Algérie, ayant vécu plus de trente ans au Maghreb, cela me fait juste rire. Quand je voyage au Maroc, en France, en Hongrie, en Italie ou en Espagne, je me reconnais dans les gens qui ont les mêmes valeurs que moi, qui placent l’homme au centre de leurs rapports aux autres, parce que notre identité commune c’est celle des êtres humains, avant tout.
    Je crois donc en l’internationalité, dans l’esprit des brigades internationales, et refuse l’idée même d’identité nationale. C’est juste bon à cultiver les différences pour mieux se faire la guerre après.
    No pasaran.
    Jacques Alessandra

  20. michel colette dit :

    identité…. identique….n ‘est ce pas la différence qui gène et qui suscite le débat .. dans quel but, je n’ai toujours pas compris

  21. Max A. dit :

    Pour Colette – Plusieurs réponses soulèvent un problème général qu’il faut clairement poser si on veut éviter des escroqueries politiques, comme c’est le cas pour « l’identité nationale » et la burqa.
    1- Ne confondons pas « identité » et « nationalité » ; le sentiment national, le patriotisme (et pas « l’identité nationale ») est précieux, comme l’a bien montré la Résistance entre 40 et 45, à laquelle ont d’ailleurs participé les étrangers antinazis de « l’affiche rouge », et les Espagnols républicains abandonnés par nous (voir un commentaire précédent). Mais ce sentiment est facilement détourné, la collaboration avec l’ennemi à la même époque l’a montré aussi : sous les ordres des nazis, Pétain a fait ce qu’il appelait la « révolution nationale ». Est-ce que moi, Français, je ne suis pas plus proche d’un citoyen français nouveau venu que des grands capitalistes, eux aussi français, qui ont trahi la République et la France dans les années 30, avant de collaborer dans les années 40 ? Est-ce que parler des « Français » en général, ou par exemple des « Iraniens » en général, sans préciser les rapports entre classes et couches sociales, est suffisant ? Un capitaliste iranien et un prolétaire iranien sont tous les deux iraniens : c’est vrai, mais est-ce que c’est suffisant pour les définir concrètement ?
    2- La « nationalité » peut s’acquérir par un simple papier ; c’est plus long pour le sentiment national, mais surtout quand une partie des dirigeants (les Copé, Morano, Clément, le traître Besson et autres) et aussi une partie de la population cherchent, pour diverses raisons, à tenir à l‘écart les nouveaux venus, tout en exploitant les sans papiers. Les étrangers ou immigrés devenus français respectent comme tous les autres les lois du pays, en principe votées par le peuple dont ils font partie, mais ils ne sont pas obligés d’en adopter tout de suite les habitudes ; d’ailleurs ces habitudes sont très variables : et puisqu’il s’agit de la burqa, portée par une minorité de femmes, souvent, comme tu le dis, par réaction, c’est une coutume que nous pouvons désapprouver, mais ce n’est pas à nous de la changer ; et si c’est « une prison » pour les femmes, c’est à elles de s’en délivrer. Notre passé nous a très mal placés pour le faire à leur place -ce qui est une autre forme de mépris- et pour défendre à leur place « la liberté et la dignité de la femme » (Sarkozy le 20 juin), soit, comme en Afghanistan, avec armes lourdes et drones, soit par une loi imbécile. D’ailleurs, on aurait beaucoup étonné nos grands-mères ou arrière grands-mères, dans certaines régions de France où elle portaient un foulard, en leur disant que c’était une marque de soumission, une prison etc. Ce n’était pas du tout ressenti de cette façon, et quand les femmes des générations suivantes ont décidé d’abandonner cette coutume, elles l’ont fait d’elles-mêmes, sans qu’on vote une loi.
    Amicalement

  22. colette michel dit :

    MEDITATION ….bonjour max…. Les femmes ne peuvent pas se libérer sans les hommes…

    Identité, nationalité ; le mot approprié pour une immigrée espagnole à 100 pour 100 (mais va savoir…) et française depuis un siècle et qui ne connait pas du tout l’Espagne, puis nimoise immigrée à Grasse serait appartenance ; il s’agit d’avoir un sentiment d’appartenance . On se battait pour son pays. Qui se battrait pour ce pays… Moi, au bout de trois décennies je n’ai aucun sentiment d’appartenance à Grasse ; (Par contre, j’appartiens à mon chemin, question de proximité), je m’y sens de passage, nomade car je suis née ailleurs. Son pays; c’est celui où on se sent bien…
    Je me sens française parce que je parle français, en connais pas mal de subtilités…. Je crois que la France est trop grande et variée pour avoir ce sentiment national, on appartient à son village, à son quartier à ses souvenirs, question d’échelle….
    Bises, ouai, son pays est en soi…Je n’ai toujours pas compris la raison d’ouvrir ce débat sur l’identité.

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