MORT D’HAKIM AJIMI: L’AVIS DE LA COMMISSION NATIONALE DE DEONTOLOGIE DE LA SECURITE


Il y a bien eu « bavure » le 9 mai 2008, à Grasse, lors de l’interpellation particulièrement « musclée » qui a entrainé la mort par asphyxie du jeune Hakim AJimi.
J’avais souligné que si l’on suivait les premières déclarations officielles, Hakim était « mort pour rien, mort de rien« .
Non sans mal, l’obstination de la famille et du Comité Grassois Vérité et Justice pour Hakim, les interventions et mobilisation ont, peu à peu, permis à la vérité de se faire jour.
Elle est accablante pour celui qui fut le premier représentant de l’État dans les A.M., le préfet Vian qui avant le début de l’enquête s’était empressé de donner le ton. Il n’y avait pas eu « bavures policières« . « Aucun élément ne permettait de mettre en cause les fonctionnaires [de police] ».

Tous les témoignages des personnes qui avaient assisté au drame indiquaient pourtant le contraire.
Les multiples autopsies ont ensuite révélé que le décès n’était pas dû à une faiblesse congénitale mais bien à une cause mécanique (donc provoquée: l’asphyxie).
Au plan judiciaire, il a fallu que les avocats de la famille et le Procureur saisissent la Cour d’Appel d’Aix pour pouvoir avancer.

Saisie le 10 octobre 2008 par la sénatrice Nicole BORVO, présidente du groupe communiste au Sénat, puis le 13 octobre par Alima Boumediène-Thiery (sénatrice « Verts »), la très officielle Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, autorité administrative indépendante composée de 14 personnalités a rendu public le 12 avril dernier un rapport détaillé avec avis et recommandations (cliquer ici pour accéder au rapport) de onze pages.
Extrêmement précis, il rétablit les faits et confirme les témoignages.
Sans citer aucun nom, il révèle au plan de la morale, de la déontologie de la Police et de la citoyenneté un ensemble de faits et  de comportements parfois révoltants, toujours incompatibles avec la fonction républicaine de la Police. Ce que l’on ne peut isoler du climat  général développé et encouragé par l’impunité dans notre pays depuis 2002.

L’avis de la CNDS a été adressé « pour information » au Ministre de l’Intérieur, au Procureur de la République de Grasse et, « pour réponse », au maire de Grasse J.P. Leleux.

On attend maintenant les suites qui seront données à Grasse à ce rapport qui n’a rien d’anodin puisqu’il trouve son origine dans le décès provoqué d’un jeune de 22 ans.

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2 Responses to MORT D’HAKIM AJIMI: L’AVIS DE LA COMMISSION NATIONALE DE DEONTOLOGIE DE LA SECURITE

  1. legrain dit :

    Vous parlez d’obstination !! c’est tout de même regrettable qu’il faille déployer autant d’obstination et tout ce qui en découle pour faire reconnaître la vérité;
    Je m’interroge sur la justice de notre pays…..

  2. pfau dit :

    Et après qu’est ce qu’on fait ?
    Y a-t-il eu comuniqué à la presse.
    Les grassois ont le droit d’être informés.
    Cordialement.
    Richard

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