ABD EL KADER, MONSEIGNEUR DUPUCH: l’HISTOIRE D’UNE IMPROBABLE AMITIE RACONTEE PAR WACINY LAREDJ


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Qu’évoque dans notre pays aujourd’hui, le nom d’Abd el-Kader?
Pour la plupart des Français, au mieux le symbole de quinze longues années de résistance algérienne dont la prise de la Smala, le 16 mai 1843, immortalisée par le fameux (et très propagandiste) tableau d’Horace Vernet, eut pour conséquence 132 années de colonisation.
Ce que l’on sait malheureusement moins, c’est que l’Emir était aussi un intellectuel remarquable connaisseur aussi bien d’Aristote que d’Ibn Khaldun, un chef religieux de haute spiritualité et un savant dont les écrits, entre autres sa remarquable « Lettre aux Français » (Editions Phébus), gardent une actualité intacte.

Universitaire d’Algérie et de France (la Sorbonne), romancier reconnu, Waciny Laredj nous a révélé dans son « Livre de l’Emir » (Sindbad/Actes Sud) un autre visage d’Abd el Kader, insoupçonné et difficilement imaginable en ces temps de revendications d’identités excluantes, le visage d’une amitié exceptionnelle: celle de l’Émir et du premier Evêque d’Alger: Monseigneur Antoine-Adolphe Dupuch (1800-1856).

Deux hommes que tout opposait au départ, l’un Commandeur des croyants d’une foi unique; l’autre dans le sillage de la colonisation, voulant évangéliser et davantage encore, convertir au catholicisme Abd el Kader. L’opposition entre ces deux personnalités hors du commun fera peu à peu place au respect mutuel et attentif, à l’échange et une amitié rare qui verra, sans relâche, pendant cinq ans Mgr Dupuch se consumer en interventions auprès du roi puis de la IIème République enfin du futur Napoléon III pour qu’ils libèrent Abd el Kader d’internements qui étaient une trahison de la parole officielle faite par le Duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe, au nom de la France de le laisser partir s’établir au Proche Orient avec sa famille.

De 1847 à 1852, Mgr Dupuch parcourra les routes de France, du Château de Pau à celui d’Amboise. Il se battra, réunissant écrits et témoignages, pour rédiger un long plaidoyer pour qu’enfin soit honorée la parole de la France.

Finalement, le 16 septembre 1852, le Prince-Président Louis Napoléon viendra annoncer à Abd el Kader sa liberté et la possibilité de partir à Brousse (Turquie).
Il s’établira ensuite, en 1855, à Damas où il écrira une vaste bibliothèque riche de manuscrits et livres de tous pays.

Lorsqu’en 1860, le Chrétiens du Liban et de Damas seront victimes de massacres, Abd el Kader leur ouvrira ses portes et offrira sa protection au Consul français. Ce qui lui vaudra l’hommage de plusieurs souverains d’Europe et la Légion d’Honneur.

Ces 18 dernières années de la vie flamboyante d’Abd el Kader, Waciny Laredj ne les évoque pas. Il s’en tient dans son roman vrai à la voix de Jean Maubé, ami, complice et exécuteur des dernières volontés de Mgr Dupuch.
Bien qu’épuisé, Jean Maubé tiendra la promesse faite sur son lit de mort: permettre le retour du corps et l’enterrement à Alger du Premier Evêque qui avait dû quitter l’Algérie poursuivi par ses créanciers.

Avec « Le Livre de l’Émir », Waciny Laredj nous raconte la terrible et véridique histoire d’un double exil. Celui d’Abd el-Kader et celui de Mgr Dupuch et d’une amitié hors norme, transcendante dont sont seuls capables les êtres d’exception.

Extrait:  » Quand il a rencontré l’Émir, il rêvait d’en faire un Chrétien envisageant même de l’accompagner à Rome et de le présenter au Pape pour qu’il le baptise mais une deuxième rencontre a suffi pour le convaincre que l’Émir était bien tel qu’il était, deux serviteurs de Dieu et des hommes, chacun à sa façon mais avec la même volonté et le même enthousiasme. » Waciny Laredj.

Le Cercle Littéraire et Artistique de Grasse, en partenariat avec le Festival Transméditerranée accueillera mardi 8 janvier 2013, à 17h, au Palais des Congrès de Grasse,  Waciny Laredj pour une conférence: « L’Emir et l’Evêque, l’histoire d’une rencontre exemplaire entre deux grandes figures spirituelles que tout aurait dû opposer: l’Emir Algérien Abd el-Kader et Monseigneur Dupuch, 1er Evêque d’Alger« .

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One Response to ABD EL KADER, MONSEIGNEUR DUPUCH: l’HISTOIRE D’UNE IMPROBABLE AMITIE RACONTEE PAR WACINY LAREDJ

  1. REY dit :

    Très belle conférence.
    Christian. GRASSE 09 janvier

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