PIERRE (CLAVERIE) ET MOHAMED (BOUCHIKHI), DES TEMOINS, UNE HISTOIRE, UNE PIECE


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Sous le titre « Pierre et Mohamed »Adrien Candiard  a écrit une pièce d’une rare force sur l’histoire de l’assassinat le 1° Août 1996, de l’Evêque d’Oran, Pierre Claverie et de son chauffeur Mohamed Bouchikhi.
Pierre Claverie, Dominicain, théologien était un témoin engagé dans les fractures du monde et de ce peuple algérien  qui  a été jusqu’au bout le sien.

Le jeune Mohamed Bouchikhi admirait  la détermination de Pierre Claverie, ce religieux, tellement modeste et rayonnant, à rester là  au milieu des tempêtes, des assassinats, de la terreur islamiste -qu’il ne confondit jamais avec la masse des croyants d’un Islam qu’il connaissait parfaitement.

Pierre a écrit beaucoup.
De ses homélies et du petit carnet retrouvé après sa mort où Mohamed notait ses pensées au jour le jour, sans rien ajouter si ce n’est la superbe musique de Francesco Agnello, en juxtaposant les textes et en faisant ainsi dialoguer l’évêque d’Oran avec son chauffeur, Adrien Candiard  crée un dialogue imaginé,  profondément vrai, bouleversant de puissance.
Remarquablement interprété par un unique comédien Jean-Baptiste Germain, qui joue tour à tour un rôle puis l’autre, « Pierre et Mohamed » interpelle aussi bien le croyant, quelle que soit sa foi, que le non croyant.

Pierre Claverie disait: « Je ne possède pas la vérité. J’ai besoin de la vérité des autres ».
Quelques semaines avant son assassinat, en juin 1996, Le Festival Transméditerranée qui organisait à Bastia le colloque international « la Méditerranée, carrefour des solidarités » l’avait accueilli.
Il y avait là, venant d’une quinzaine de pays,  nombre des personnalités de premier plan engagées dans des combats difficiles et souvent risqués dont Pierre Claverie.

Rayonnant, il nous avait dit au moment de son départ qu’il était heureux de repartir en Algérie, quels que soient les risques « parce qu’on abandonne pas ses amis dans la tempête ».
On lui avait demandé de conclure le colloque. De sa magnifique intervention, un petit extrait:
« … On ne peut pas vivre les uns sans les autres. On n’a pas le droit de s’exclure. C’est dans les moments dramatiques qu’on perçoit avec le plus de force qu’on a besoin les uns des autres et qu’on ne peut exister les uns sans les autres… »

Au XVII° Siècle, dans « les Pensées »,  Pascal écrivait « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger ».
Pierre, le catholique, et Mohamed, le musulman ont témoigné pour les croyants, et pour les non-croyants, pour cette humanité qui ne saurait être que plurielle.
Souhaitons que nous puissions voir « Pierre et Mohamed »  à Grasse, dans de nombreuses de villes de France et en Algérie. Elle nous parle d’un monde -ici bas- de fraternité et d’espoir.

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