LOUIS FIORI, LE CHANT DES HOMMES DE CETTE TERRE


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Le Broc. Septembre 2015, à l’occasion de retrouvailles avec les anciens du Bureau Fédéral du PCF des AM et les amis de toujours

Un espoir et des combats, des coups reçus,  des peines, mais aussi  des victoires et aussi, surtout, ces grandes rigolades qui n’en finissent plus. Partagés pendant près d’un demi siècle. Avec l’accent et la lumière de notre terre.

Ma première rencontre avec Louis Fiori date de 1970, lors d’une mémorable conférence fédérale des Jeunesses Communistes des Alpes-Maritimes qu’il avait été chargé de « suivre » pour la direction départementale du PCF. La dernière, il y a quelques mois.

Entre ces deux dates, le monde a beaucoup changé, les objectifs politiques aussi.
Où est la belle  perspective de ce « Socialisme autogestionnaire aux couleurs de la France » dont nous avions dessiné l’esquisse avec des centaines de milliers de mains ?
Qu’en est-il de l’outil qui devait aider à sa construction, de ce Parti auquel Louis Fiori avait adhéré en 1946 comme une suite logique de ces « Jours meilleurs » et de la société fraternelle qui l’avaient vu entrer tout jeune dans la Résistance, puis devenir maquisard?

Parce que Loulou, c’était d’abord cela, l’engagement total, la droiture, la générosité fraternelle et le rire au service d’un idéal jamais abandonné, jamais trahi.
Ce don était sans contrepartie, sans le moindre autre intérêt que celui de défendre et de faire vivre des valeurs, au risque même de sa vie.
Tout cela sans jamais se mettre en avant, avec la plus grande humilité.
C’est sûrement de là que venait ce respect généralisé, non seulement des communistes et du peuple de gauche, mais aussi de ses adversaires.

Louis Fiori, avec un caractère différent, était de la même veine qu’une autre éminente figure communiste des Alpes-Maritimes et de France, un instituteur qui lui avait montré le chemin Virgile Barel.
Son nom est indissociable de celui de Charles Caressa avec qui il n’a cessé de défendre les travailleurs, les « petits », les humbles, au prix d’un travail quotidien acharné, sans concession lorsqu’il fallait faire entendre la voix des sans voix et respecter leur dignité.

Par sa chaleur communicative et son intégrité, Loulou, forçait le respect.
Le très puissant  J. Médecin, député-maire en personne -à qui il avait promis un jour « deux gifles » s’il continuait à dépasser les limites de l’irrespect au conseil municipal de Nice, en savait quelque chose. Tout comme son Directeur de cabinet qui avait dû rendre des comptes , « entre hommes »,  sur l’ignoble numéro de « l’Action Républicaine » répandu à Nice alors que Virgile Barel, ancien Doyen de l’Assemblée Nationale était mourant…

Une campagne électorale avec Loulou, c’était à la fois quelque chose de très sérieux, de pensé et préparé dans les détails mais aussi un moment où la vie s’exprimait dans toute sa force. Réparties bien senties, rires et raviolis « sans fromage ! «  étaient au rendez-vous. Comme l’écoute du plus « petit »…

Ah, cette élection cantonale partielle à la suite du décès du conseiller général de St Auban, Don Jean Bellon en avril 1978. Quelle magnifique leçon de politique, d’humanité et d’humour !

D’autres souvenirs remontent en moi, tous aussi émouvants: la peine partagée lors de l’enterrement en 1999 à Grasse d’Albert Macarry, son ami depuis l’Ecole Normale de Nice, nos recherches communes  sur l’instituteur Pierre Merle, héros de la Résistance dont l’école de Nice où la gestapo est venu l’arrêter porte le nom.
Mort en déportation, Pierre Merle était membre du réseau de Résistance qu’avait créé mon grand-père et avait été élu avant guerre, conseiller municipal de Gréolières…
Vice-président actif du musée azuréen de la Rséistance, Loulou avait fait des recherches, téléphoné, retrouvé des éléments oubliés qu’il m’avait transmis.

Lorsque le 4 septembre 2015, à quelques uns qui avions partagé tant de beaux moments ensemble,  nous nous sommes retrouvés au Broc où il avait été élu pour la première fois en 1953, Loulou nous avait raconté ses aventures de Résistant et jeune maquisard, la dureté de la lutte et les angoisses qui étaient alors les siennes et celles de ses camarades de combat.
Aucune fanfaronnade dans cette description de temps d’héroïsme et de peur, mais toujours le fil rouge de la grande humanité.
Un jour, il s’était trouvé au bord du Var, armé et avait secouru un automobiliste en panne qui s’avéra être en fait un  collaborateur. Louis aurait pu le tuer par surprise. Il n’en fit rien. « Ce n’est pas simple de tuer quelqu’un, même un collabo… »

Voilà comment était Loulou: une tendresse infinie pour l’Autre, pour ce frère humain qui peut être un  scorpion, disait Nazim Hikmet, pour cette humanité dont font même partie les ennemis en armes et les salauds.
C’est la grande leçon de communisme que nous donne Loulou.
 

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